Pelouses synthétiques: le gouvernement demande un rapport sur d'éventuels risques sanitaires

Les terrains de sport synthétiques sont-ils dangereux pour la santé? Le gouvernement a demandé jeudi un rapport sur cette question après plusieurs enquêtes dans les médias ces derniers mois.

Sommaire

  1. Un rapport attendu fin juin
  2. Des substances dangereuses contenues dans les pneus

Plusieurs médias (Envoyé Spécial, So Foot) ont consacré une enquête sur l’éventuelle toxicité des granulés de caoutchouc dispersés en masse sur les terrains de sport en gazon synthétique, mais aussi dans les aires de jeux pour enfants et litières pour animaux. Ces granulés, fabriqués à partir de vieux pneus, aident à renforcer les pelouses artificielles.Un rapport attendu fin juinLe gouvernement a “pris la décision de saisir l’Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur les éventuels risques liés à l’utilisation des granulats de caoutchouc recyclé notamment dans les terrains de sports synthétiques“, ont indiqué six ministères (Transition écologique, Santé, Économie, Travail, Agriculture et Sports) dans un communiqué commun. Le rapport est attendu pour la fin juin.Des substances dangereuses contenues dans les pneus”Ces terrains synthétiques soulèvent des interrogations quant à leur impact sur la santé et l’environnement en raison des substances dangereuses potentiellement présentes dans les granulés“, poursuit le communiqué.En novembre, le magazine So Foot avait consacré une enquête à cette question, également abordée dans l’émission Envoyé Spécial diffusée ce jeudi sur France 2.Les ministères précisent que “l’Agence Européenne des produits chimiques (ECHA) a procédé en 2017 à une évaluation préliminaire des risques pour la santé humaine” liés à ces granulés.”Elle a conclu à un faible niveau de préoccupation au vu des concentrations d’hydrocarbures (…) mesurées dans les granulés, qui s’avèrent être sous les limites de concentration règlementaires prévues dans le cadre du règlement européen sur les produits chimiques“, soulignent-ils. Le problème, c’est que ces limites de concentration règlementaires ont été fixées dans le cadre d’une utilisation peu fréquente des pneus (toucher). Or, les personnes pratiquant un sport de façon régulière sur un terrain synthétique sont très souvent en contact avec ces granulés qui s’infiltrent partout : dans les chaussures, sous les vêtements, dans les yeux, dans la bouche…”Sur cette base, l’Anses analysera les données et études disponibles sur les principales substances présentes dans ces granulés et matériaux en caoutchouc et sur le niveau de préoccupation qu’elles génèrent“, ajoutent les ministères.