Quel bilan pour Apple et Tim Cook, dix ans après la mort de Steve Jobs ?

Un être vous manque est tout est… différent. Le 5 octobre 2011, Steve Jobs quittait le monde des mortels, laissant un vide intersidéral derrière lui. « Apple peut-il survivre sans Steve Jobs ? », demandait même Forbes à l’époque. Après dix ans à la barre, Tim Cook peut lui répondre : non seulement Apple a survécu, mais l’entreprise est devenue la plus grosse capitalisation boursière mondiale. Mais sans son cofondateur légendaire, Apple n’a, pour l’instant, pas réussi à lancer un produit à l’impact aussi transformateur que l’iPhone en 2007.

Un énorme succès financier

Les chiffres donnent le vertige. Sous la direction de Tim Cook, le cours de l’action Apple a été multiplié par 10 en 10 ans. C’est trois fois mieux que l’indice S & P 500. Aujourd’hui, la firme à la pomme vaut 2.350 milliards de dollars. C’est la plus importante capitalisation boursière mondiale, et autant que toutes les entreprises du CAC 40 combinées ou que le PIB annuel de la France.

Sur cette période, Tim Cook a multiplié le chiffre d’affaires par 2,5 (274 milliards de dollars l’an dernier) et les bénéfices par 2,2 (57 milliards de dollars). Pour Tuong Nguyen, analyste chez Gartner, son principal succès est d’avoir « fait progresser les parts de marché de l’iPhone de 5 à 15 % » dans le monde. Reste que dans un marché qui sature, les ventes d’iPhone plafonnent.

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« Tim Cook a réussi à développer l’écosystème autour de l’iPhone avec des nouveaux produits, comme l’Apple Watch, des applications, avec l’App store, et des services », détaille l’analyste. Au final, Cook a rendu Apple moins dépendant des ventes d’iPhone, qui représentent aujourd’hui la moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise, contre près de 70 % il y a six ans. Pendant ce temps-là, la division services (App store, Apple Music, TV +, Arcade et Fitness +) a explosé pour atteindre 17,5 milliards de dollars au dernier trimestre, soit 20 % de l’activité.

Une innovation qui stagne… pour l’instant

Quand il a pris les rênes d’Apple, six semaines avant le décès de Steve Jobs, Tim Cook, jusque-là directeur de l’exploitation, se traînait une réputation de chef de gare s’assurant que les trains arrivent à l’heure. Ça n’a pas complètement changé. Sous sa direction, « l’innovation a été avant tout graduelle », juge Tuong Nguyen, avec des améliorations annuelles qui ralentissent depuis la sortie de l’iPhone X il y a quatre ans.

L’Apple Watch a, certes, réussi à devenir un produit apprécié qui rapporte désormais plus que l’iPad ou le Mac. Mais les promesses de Siri ne se sont jamais vraiment réalisées, sans parler de l’échec AirPower, le tapis pour recharger plusieurs gadgets resté lettre morte.

Dix ans après le décès de Steve Jobs, la firme à la pomme cherche toujours son prochain « one more thing ». Le projet de voiture autonome a connu de nombreuses complications, et celui qui le supervisait, Doug Field, s’est fait débaucher par Ford le mois dernier. Apple semble en revanche plus avancé du côté de la réalité augmentée.

AirTags, carte et modélisation d’objets 3D… Le géant de Cupertino a semé de nombreux indices lors de sa conférence pour développeurs et en déposant de multiples brevets. Selon l’analyste Ming-Chi Kuo, l’entreprise devrait dégainer un casque AR/VR mélangeant réalités augmentée et virtuelle en 2022, avant des lunettes futuristes, sans doute entre 2023 et 2025. Facebook, Google, Microsoft… Sur un créneau vu comme la prochaine grande évolution de l’informatique, Apple a de la concurrence. Mais s’il y a une chose que Tim Cook, 60 ans, a sans doute apprise de Steve Jobs, c’est qu’il est plus important d’arriver au bon moment que d’être le premier.

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